A notre conscience, les pensées fourmillent à toutes heures, travaillant sans relâche, elles bâtissent les idées, se posent quelques secondes avant de s'éclipser dans l'antre de l'oubli ou alors se rangent dans un désordre calculé, pour germer un peu plus tard et se lovent sagement dans ces petites alcoves de neurones nés de notre cerveau, actif de jour comme de nuit. Elles stagnent patiemment, prenant sur-elles l'impatience de servir à un moment, de se matérialiser sur une feuille ou alors de dépasser le mur du son, s'acheminant à nos cordes vocales pour enfin faire entendre ce qu'elles ont à dire !

 

Les pensées se comptent par millier. Elles se produisent, se reproduisent à la vitesse grand V (soit, pas chez tout le monde malheureusement...), parfois se chevauchent tant elles galopent pour passer la ligne d'arrivée, vite, très vite car elles ne veulent être dépassées, obsolètes, justes bonnes pour la corbeille de notre mémoire sélective, couperet intransigeant pour ces mots qui meurent souvent prématurément.

 

Qu'il est difficile pour la pensée, d'être dépensée bêtement dans un corps malade. Alzeimher, ennemi des idées qui voient un taux de mortalité des souvenirs et autres énergies intellectuelles très élevé...

Dans ce cas, les mots, les idées, les souvenirs se diluent, s'embrouillent, se mélangent, se disputent pour essayer de vivre un peu, juste un peu, un seul défi, rester dans le présent d'un cerveau qui ne se souvient que du passé, en désordre, en détresse, en mal de tête, en trou noir comme la panne de l'écrivain, la page reste blanche, un crime contre l'encre qui s'assèche dans ce tube trop étroit, prison aussi terrifiante qu'une cervelle désabusée quand par un moyen ou par un autre, les idées se font noires ou pire encore, inexistante de ne pouvoir s'échapper.

 

Les pensées, nos pensées sont précieuses. Sans elles, nous ne serions qu'une vasque pleine de vide, que des pantins articulés suivant bêtement le fil qui nous retiendrait...

 

Moralité, PENSEZ par vous-même, preuve de votre existance, de votre liberté, pied de nez à la léthargie du carcan où l'on veut vous enfermer.

PENSEZ avant qu'il ne soit trop tard.

Et soyez FIER de pouvoir encore le faire...