Il suffisait de peu de choses

Pour que tu restes dans ma vie.

Il suffisait d'un mot, d'une rose,

Aux couleurs que tu aurais choisi.

Mais à la place de cultiver les fleurs,

Tu as laissé faner mon coeur.

 

Tu avais dans ton jardin sauvage

Le parfum de mon amitié tout acquis,

Même si la première graine était amour

En cette terre si pauvre d'espoir.

Mais à chaque geste d'une relation entretenue

Pierres et mauvaises herbes collaient à mes talons.

 

Il faut être deux pour cultiver de grâce

Ce lopin de terre, jardin secret, aimé,

Et n'y pousse que ce que l'on a semé.

Pour toute main verte posée sur ton âme

Je n'ai récolté que dédain, blessure et colère,

Tant d'épines qui ont blessé ma patience.

 

A planter des cactus où pousserait des roses

La vie se fait rictus, piqûre et désolement.

Et même si en cette plante un coeur bat

A force de puiser l'énergie des autres impunément

C'est au désert que s'enterrent les sentiments,

Le sable glisse toujours entre les doigts.