J’ai rencontré un voyageur solitaire,

Un mois de juin, sur un tapis de foin

A l’ombre d’un chêne, le tronc fier

D’apaiser les pas, de l’homme orphelin

De famille et d’un toit réducteur de vie.

 

Un oiseau ce matin, par son chant

M’apprit que ce jour cachait un trésor.

Dès lors, en voyant le paisible dormant

J’ai eu envie de connaître son sort.

Un brin de blé pour offrande, je l’ai réveillé.

 

Ses mains semblaient porter l’histoire,

Son visage ridé de soleil souriait

Et ses iris étaient au monde un miroir.

J’ai su que l’errance avait forgé

Une âme pleine de sagesse.

 

D’une voix à la douceur de coton

Il me conta la bêtise humaine.

Son parcours à travers les vallons

L’a porté à vivre des scènes

Peu glorieuses et si tristes.

 

Il me dit « Mes yeux ont pleuré

Des pays où l’eau se gaspille et se vend

Quand d’autres béniraient une goutte de rosée.

Je me suis glacé des guerres sous le vent

Si violent de la colère de l’argent et de la religion.

 

Mon estomac s’est tordu à goûter la famine

Alors qu’ailleurs, même les rats sont repus.

Mes mains ont tremblé sous le joug de la vermine

Des dictateurs tuant le rêve, brisant l’ému.

Il y a la misère aux quatre coins de la terre.

 

Mais certaines âmes ont caressé mon cœur

Dans leur enfer, elles m’ont offert la chaleur

D’un repas partagé, d’un sourire sans rancœur

Les plus pauvres faisant fi de leur malheur

Brillaient d’une richesse brodée d’humanité. »

 

Une perle contenant l’amour du monde rétabli

Vint se poser sur l’épi de blé tenu par le sage.

Mes yeux embués furent le seul humble merci

Que je fus capable de lui rendre pour son message.

L’oiseau avait raison, j’avais trouvé mon or.

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