Les mots étaient mon champ d’bataille,

Mon arène où dénoncer c’qui déraille,

L’encre de mes coups de sang quotidien

Sur les lignes qui frappaient le destin.

Chaque jour, je dessinais le monde,

J’m’écriais qu’la terre n’est pas ronde

Quand je lisais la haine dans les yeux

De tous ces gens qui n’pensaient qu’à eux.

Mais les mots ont déserté mon espace

Dans ma tête, y’a rien qui s’passe

J’suis vidée de toutes mes idées

C’est le silence qui m’a possédé.

J’ne vois plus que cette grande faille

Ce grand vide, la peur qui m’assaille

De ne plus rien avoir à dire

De ne plus rien écrire,

D’en avoir fini

Avec la poésie.