Il y a fort longtemps que je n’écris plus rien

Les mots m’échappent et tordent l’imaginaire,

Douloureuse contraception des sentiments,

Je n’entends plus ce que me dicte le vent,

Je ne sais plus chanter le soleil

Il n’y a plus de poèmes dans mes pensées,

Je ne vois plus que de l’eau dans la rosée,

Et le ciel gris devient premier

Dans la houle de mes absences.

Elles sont sombres ces heures creuses,

Et mon esprit qui ne s’accroche à rien

Je ne sais plus qui je suis et à qui je tiens

Je n’ai plus rien de ces autres années

Plus rien à dire ou à taire à demi-mots,

Plus d’images à mettre sur mes cahiers

Dans des phrases en rimes ou en proses

Plus d’amour à dessiner

Dans les arabesques grimées

Sur les pages de ma vie.

Comme c’est douloureux de se taire,

De ne plus savoir qu’exprimer

Quand on a passé des heures pleines

A rendre hommage sur des cahiers.

Mon cœur serre du vide,

Mes doigts courent sur le clavier

Pour dire que ma poésie

Et morte et enterrée.

 

A.L.