Il arrive un beau jour, l’Essentiel, l’essence du ciel, l’Amour azuré aux couleurs du soleil levant, l’éternel printemps quand on sent la sève qui monte au cœur, qui irrigue de rêves éveillés chaque pas, chaque matin, chaque soirée. Il arrive le grand Frisson, le vent qu’on croyait indomptable, celui qui nous palpite, qui nous hisse les poils, qui nous courbe l’échine vers le pardon. Le pardon à la vie, le pardon d’avoir pu nier que le bonheur existe, qu’il se cultive à l’image du paysage qui s’ébroue sous nos yeux. Quand on voit sans plus voir les fleurs dans les champs, la vie au ras du sol, les ballets dans l’horizon, la leçon de la vie. Mais les œillères tombent quand on n’y pense plus, quand le monde n’est plus qu’un vaste champ de bataille, à nouveau, on ressent la puissance de la vie grâce à un regard qui nous transcende, il nous relie de nos racines jusqu’aux cieux et enfin le cœur renaît de ces cendres.  Comme les hivers passent sur les chemins, la glace fond aux saisons chaudes, les larmes ne grossissent plus les neiges éternelles, c’est l’Amour qui réchauffe, qui fait vivre nos âmes. On entend les oiseaux et l’on s’envole de leurs ailes vers le meilleur de nous-mêmes. On reçoit ce qu’on n’acceptait pas des autres, on découvre que l’on vibre à recevoir ce cadeau immense comme les océans, aussi haut que les montagnes, aussi fort que la chaleur de l’astre du jour, aussi doux qu’une nuit sereine, aussi tendre que le chant du rossignol, aussi beau qu’une fleur épanouie, aussi merveilleux que le rire d’un enfant, aussi gracile que le sourire d’un vieillard. On devient le bruit de la vie, on devient les mots les plus forts, ceux qu’il faut inventer pour dire ce que l’on sent grandir au fond de nous, on devient lumière, on devient sourire, on devient la lune qui éclaire les pas, on devient bonheur contagieux, on devient une âme qui comprend le bonheur de vivre.

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